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24 assassinats de rescapés du génocide en 2009

Image removed.Réunie en congrès ordinaire le 21 mars dernier, l'association IBUKA a décidé de saisir le Parlement et le Sénat des assassinats de rescapés du génocide tutsi de 1994. En 2009, pas moins de 24 rescapés ont été assassinés, et six tentatives d'assassinat ont été recensés, selon une dépêche de l'agence hirondelle. La plupart du temps, les survivants tués avaient témoignés devant une juridiction Gacaca, ou s'apprêtaient à le faire.

« Nous avons écrit le 6 mars ; nous attendons des actions concrètes de la part du parlement qui a déjà pris acte de nos doléances », a déclaré Théodore Simburudali, le président de l'association Ibuka.
Lors du même congrès, les membres d'Ibuka ont également tiré un premier bilan des juridictions Gacaca. Le congrès a déploré «des acquittements de génocidaires notoires, des procès de règlement de compte contre des rescapés du génocide, la non exécution de certains jugements liés aux pillages ou aux biens détruits, la corruption de certains juges gacacas et de certains témoins, même parmi les survivants ». Des milliers d'accusés qui devaient s'acquitter de travaux d'intérêt généraux se sont évanouis dans la nature. Les délégués ont aussi fait remarquer que beaucoup de rescapés restent sans logement, sans soins médicaux, ou sans frais de scolarité, 16 ans après le génocide, en dépit de l'existence du Fonds d'assistance aux rescapés du génocide les plus démunis (FARG) mis en place par le gouvernement. Seule point positif : la condamnation par le TPIR de l'ancien premier ministre Jean Kambanda. Preuve, s'il en est, que le génocide rwandais était bel et bien un crime d'Etat.
Jean-bernard Gervais