L'association Human Right watch vient de rendre public un acte d'accusation contre le général congolais Bosco Ntaganda, l'accusant de l'assassinat de huit personnes, d'arrestations arbitraires de sept personnes, de l'enlèvement et de la disparition d'une personne. Human Right watch demande au gouvernement congolais d'arrêter sans délai Ntaganda, par ailleurs sous le coup d'un mandat d'arret de la cour pénale internationale (CPI). Le gouvernement congolais s'est pour le moment refusé à arrêter Bosco Ntaganda qui, après avoir pris la tête de la rébellion CNDP suite à l'arrestation de Laurent Nkunda, a été nommé général des FARDC. Parmi les meurtres présumés de Ntaganda figure celui de Denis Semadwinga, ancien directeur de cainet de Laurent Nkunda. HRW accuse également certains éléments de l'armée rwandaise d'avoir participé à cet assassinat. Le 20 juin, Denis Semadwinga, 77 ans, était assassiné dans sa demeure à Gisenyi, de plusieurs coups de couteaux. Un groupe d'hommes s'était introduit chez lui pour accomplir son forfait. Parmi eux, un garde du corps de Ntaganda aurait été identifié.
Opposé à Bosco Ntaganda, il avait été interrogé par les services de sécurité rwandais quelques temps auparavant sur son soutien supposé à Laurent Nkunda. Certains le soupçonnaient même d'être en contact avec le général en fuite Nyamwasa Kayumba, actuellement réfugié en Afrique du Sud. D'autres assassinats sont imputés à Ntaganda, comme celui le 14 septembre dernier du lieutenant colonel Antoine Balibuno, membre respecté de l'entourage de Nkunda. Il aurait été assassiné par deux proches de Ntaganda, le lieutenant colonel Kabakule Kennedy, et le lieutenant colonel John Asiki. Ntaganda serait aussi à l'origine de la détention arbitraire de sept personnes, dont Sylvestre Bwira, président de la société civile du Masisi. Avec le cas de Bosco Ntaganda, l'Onu est en difficulté : recherché par la CPI, il est en charge par ailleurs de l'opération militaire Amani Leo, dans l'est de la RDC, censé maintenir la paix au Sud et Nord Kivu.