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Denis Semadwinga assassiné pour raison politique

Image removed.L'assassinat de Denis Semadwinga, l'ancien directeur de cabinet de Laurent Nkunda, le 21 juin dernier dans sa demeure à Gisenyi prend une tournure politique. Selon des sources informées sur le web, ce sont une dizaine de personnes, pour la plupart en uniformes, qui ont entouré sa maison, entre 20 et 21 heures, et l'ont tué.
La piste politique est dictée par l'appartenance de Denis Semadwinga à une faction rebelle du CNDP, qui avait rendu public un manifeste en mai dernier rédigé par Patrice Habarurema. lequel fut arrêté par la police rwandaise peu de temps après. Ce manifeste désapprouvait le nouveau leadership du CNDP suite à l'arrestation de Laurent Nkunda. De nombreux autres officiers rebelles du CNDP ont été arrêtés ces derniers mois, dont Sheikh Idi Abbas, et sont suspectés d'être les instigateurs des attentats à la grenade qui ont ensanglanté Kigali en février et mars dernier. Un fermier proche de Laurent Nkunda a également été assassiné en mai dernier. De plus, les membres des services de sécurité rwandais suspectent de plus en plus les proches de Nkunda, dont Denis Semadwinga, d'être en relation avec le général rwandais en exil Kayumba Nyamwasa. Denis Semadwinga était par ailleurs proche de Gad Ngabo, leader de la faction rebelle du CNDP, le FPLC. Créé en janvier 2010, le Front patriotique pour la libération du Congo (FPLC) s'est fixé pour objectif de poursuivre la lutte armée initiée par Laurent Nkunda. Le FPLC, dont la base arrière serait située à Rutshuru, serait rejoint par les anciens fidèles de Nkunda, des membres des FDLR, des mai mai, des FARDC en rupture de ban. Le FPLC bénéficiait jusqu'alors du soutien tacite de l'Ouganda, écarté de la gestion de l'est de la RDC depuis le rapprochement entre le Rwanda et la RDC.  Des sources sures font cependant état de l'arrestation de Gad Ngabo par les autorités ougandaises en juin dernier. L'Ouganda, en arrêtant Gad Ngabo, a-t-il voulu donner des gages au Rwanda, et montrer qu'il souhaitait apaiser la tension dans la sous-région ? Rappelons que le mois dernier, les troupes rwandaises s'étaient massés à la frontière ougandaise, malgré les dénégations du président Paul Kagamé. C'est dans ce contexte troublé, où d'anciens fidèles de Laurent Nkunda, supportés par l'Ouganda, et suspectés par Kigali d'être les instigateurs d'attentats terroristes à Kigali en lien avec Nyamwasa, que Denis Semadwinga a été assassiné.
jacques gasibirege