Joseph Bideri, patron du New Times, en garde à vue
L'arrestation a été brève, mais a suscité des remous dans la capitale rwandaise, Kigali.Le très influent directeur général du quotidien pro-gouvernemental The New Times, Joseph Bideri, a été arrêté toute la journée du 14 novembre et finalement relâché sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui.
Arrêté dans la matinée, Bideri a été interrogé par la police criminelle à Kacyiru, avant d'être conduit au commissariat de police de Kicukiro.
Theos Badege, porte parole de la police, a refusé, lors de l'arrestation de Bideri, de révéler les motifs de cette interpellation.
Néanmoins, le directeur général de New Times a pu appeler l'un de ses collaborateurs à 19h00, James Munyaneza, et lui confier qu'il était interrogé au sujet de la publication d'un article sur le projet controversé de centrale hydro-électrique de Rukara.
Le quotidien New Times a en effet publié des articles ayant trait à cette centrale, dans les éditions des 3, 4, 7, 10 novembre derniers.
Il y a deux semaines, le Parlement a nommé une commission d'investigation sur de possibles malversations ayant trait au projet de centrale hydro-électrique Rukarara et Mutobo.
A ce titre, le quotidien New Times a rapporté les auditions de deux ministres concernés par ce projet, à savoir Albert Nsengyumva, ministre de l'infrastructure, et Emma Françoise Isumbingabo, ministre de l'eau et de l'énergie.
Il est apparu que la centrale, qui devait produire 9,5 MW d'électricité, après inspection de la commission, n'en produisait en réalité que 5,2 MW.
Les explications apportées par les deux ministres n'ont pas satisfait la commission parlementaire, à tel point qu'une visite sur place a été décidée., tel que le rapporte l'édition du 10 novembre dernier.
L'édition de ce matin du quotidien New Times annonçait la libération de Joseph Bideri, sans entrer dans les détails de sa garde à vue.