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Kabila est rentré en campagne électorale

Dans un récent rapport, l'international crisis group (ICG) met en garde contre les élections législative et présidentielle en RDC organisées à la fin de cette année. "Loin d'annoncer la consolidation de la démocratie, les élections à venir sont au mieux un problème logistique et au pire une nouvelle cause de déstabilisation". Il n'empêche : le parti au pouvoir, le PPRD, et son candidat Joseph Kabila, sont entrés en campagne. Dans un contexte qui leur est nettement moins favorable qu'en 2006. "De 2006 à 2011, la popularité du chef de l'Etat a fortement décliné, notamment dans les provinces qui l'ont porté au pouvoir comme le Nord et le Sud Kivu." Dans le Grand Nord Kivu, les populations kivutiennes non tutsi, dit le rapport, ont été mécontentes de la présence des troupes rwandaises lors de l'opération Umoja Wetu, Kimia II, et du redéploiement du CNDP durant l'opération Amani Leo, entre 2009 et 2010. Dans cette région, les Nandé reprochent également à Kabila d'avoir limité la réhabilitation des axes routiers, et de ne pas avoir tenu compte de leurs doléances, comme la construction d'une centrale nucléaire à Butembo. Au Sud Kivu, l'arrivée des troupes du CNDP et l'intégration des rebelles banyamulenge des FRF ont été mal vécues par les populations locales. Pour pallier ces déceptions le gouvernement tente de séduire l'est de la RDC, en levant en mars 2011 l'interdiction sur les activités minières. Mais aussi en essayant de ramener la paix : depuis le début de cette année, de nombreuses rébellions ont rallié les FARDC : FRF, FPC, groupe Maï Maï. Par ailleurs, un procès très médiatisé a condamné des soldats des FARDC, coupables de viols massifs. A l'Ouest du pays, le PPRD tente de séduire les populations en remplaçant les gouverneurs impopulaires, comme au Kasaï et au Bandundu. A Kinshasa, Kabila compte sur les importants travaux de voierie en chantier. Mais le parti au pouvoir et ses alliés savent également manier l'intimidation. Au Katanga, l'Union des nationalistes du Congo (Unafec) s'appuie sur ses milices pour intimider l'UDPS. L'UNC de Vital Kamerhe, dans les kivus et le Manyema, doit faire face aux tracasseries et intimidations de l'administration. "Des premiers signes de crispation du pouvoir, qui accompagnent les premières tentatives de campagne de l'opposition", note le rapport.
Jean-bernard Gervais