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L'association Karibu vient en aide à 22 000 enfants

Image removed.Depuis six ans (2004), une petite ONG locale - Karibu Kinshasa-, présidée par un français - Olivier  Chazy, par ailleurs président d’Emmaüs Liberté Val de Marne – conduit une action exemplaire pour ramener dans leurs familles les enfants qui vivent dans les rues de Kinshasa. La tâche est immense puisqu’on dénombre pas moins de 22.000 enfants à la rue et que, dans ce domaine, l’effort international est complètement insuffisant. « Depuis l’origine, l’association a pu accompagner le retour dans leur famille de 200 enfants, explique Olivier Chazy, grâce notamment au soutien de l’activité économique des mères de famille par des micro crédits et formations, une approche globale est indispensable car la pauvreté est systémique. La première cause de départ des enfants à la rue, c’est la malnutrition. La deuxième cause étant le décès d’un ou des deux parents. « Abandonnés de tous, ces enfants n’ont ni espoir ni avenir, mais la seule violence de la rue en partage, constate Olivier  Chazy. Pourtant, il est possible d’agir efficacement, et nous sommes engagés depuis 2004 avec une petite équipe de 7 salariés congolais, motivés, formés, encadrés, supervisés ». Aujourd’hui, 134 enfants sont ainsi pris en charge par l’association. Tous sont scolarisés, soignés, nourris dans leur famille biologique. Mûris par les épreuves, leurs résultats scolaires sont remarquables, dès 9 ans certains enfants rêvent de devenir avocats des pauvres ou médecins pour les soigner. « Nous avons le devoir d’être efficace vu l’ampleur du défi posé, détaille Olivier Chazy : le retour d’un enfant dans sa famille vaut mieux que le placement en établissement, le prêt à l’aide de micro crédits est dix fois plus efficace que l’assistance financière indéfinie, le soutien de l’activité économique des mamans est la meilleure façon de lui permettre de retrouver une vie normale et autonome. Nous obtenons ainsi de bons résultats : la rechute à la rue des enfants réunifiés par Karibu Kinshasa a été en 2010 de 4% (elle est de 50% pour les autres enfants et même de  85% pour les enfants en conflit avec la loi).  Au-delà  de son action de terrain, Olivier Chazy conduit une active réflexion sur le Congo RDC et l’Afrique en général. « Si la dette odieuse contractée du temps du dictateur Mobutu vient d’être annulée à 80% tout récemment, il reste 20% et les fonds vautour, dont la RDC est la principale cible, comme F G Hémisphère, avec 450 millions de dollars réclamés et obtenus en justice internationale et prélevés sur une activité économique moribonde, la SNEL, la compagnie nationale d’électricité, ou la Gecamines ». Avec une espérance de vie de 42 ans contre 51 ans en Afrique et 80 ans en France, le pays est en déclin avec un taux de décroissance de l’économie de 1990 à 2000 de - 46%. Le PIB national est de 93 $ par an et par habitant en 2007 (OCDE), inférieur à la Somalie, Madagascar, le Niger, meilleur cependant à Kinshasa avec 323 $ par an et par habitant… Surtout, le pays est exsangue après deux guerres dont l’origine profonde est la convoitise des multinationales occidentales pour les richesses du sous sol. « Le dictateur Mobutu, soutenu par l’occident, n’a fait aucun investissement en 50  ans, détaille Olivier Chazy : il a vidé les comptes bancaires des particuliers et des investisseurs, a laissé ses soldats impayés détruire par pillage tout le tissus industriel, mis en faillite la Gécamines, l’exploitant national des minerais, a installé un climat de corruption à tous niveaux de toutes les activités petites et grandes…  Il existe aujourd’hui une volonté de faire évoluer les choses mais qui semble peu présente dans les sphères dirigeantes »… Et pourtant, sur le terrain, il existe une « richesse de vie sociale et d’échange fantastique qui ne demande qu’à se développer. C’est un réservoir inimaginable de créativité d’art et d’humanité, à l’image du film « Banda Bilili qu’il faut aller voir »…  « Les médias occidentaux nous expliquent comment l’Afrique se meurt plutôt que comment elle vit, précise encore Olivier Chazy c’est que l’Afrique est vivante, qu’elle change très rapidement et de façon contrastée… De nouvelles générations aspirent à plus de démocratie, mettent en cause les rentes et les relations clientélistes, les aides gaspillées et détournées, et se donne aussi de grands témoins comme Wanguari Matai du Kenya, prix Nobel, Maggi Barankiste du Burundi, engagée contre les violences ethniques, ou encore Madjiguene Cissé la porte parole dynamique des sans papiers de St Bernard, organisatrice du futur forum du Sénégal. Certains continuent d’y laisser la vie comme Floribert Chebeya assassiné  en juin de cette année au Congo RDC »…  Reste que la situation de l’association Karibu Kinshasa demeure des plus fragiles. « L’ambassade de France nous a fait confiance deux années de suite en 2008 et 2009, mais leur aide n’est plus possible aujourd’hui, indique Olivier Chazy. De plus, nous avons été victimes d’un détournement de 18.000 dollars prélevé directement sur notre compte bancaire par les dirigeants de la coopération publique allemande en RDC : la GTZ qui font aujourd’hui la sourde oreille… ». Pourtant, à l’efficacité, l’association ajoute la rigueur de gestion : pas de véhicules, contrôle de gestion, absence de frais de collecte et de siege en France. Mais l’autofinancement est difficile à tenir et l’association fait un appel urgent au don pour soutenir cette initiative qui mérite vraiment d’être pérennisée. Cette année, l’association n’a pas eu de financement institutionnel et ne vit que par les dons. Elle a ainsi été obligée de mettre toute l’équipe des salariés à temps partiel…

Luc Emeriau

 Site : www.karibu-asso.fr – Contact : karibucontact@free.fr – Tél. (matin) : 01 46 23 01 34  
CCP La source 6 457 97 U à l’ordre de Karibu Kinshasa
Un micro crédit coûte 60 $, un soutien à la scolarité 100 $
On peut également parrainer un groupe d’enfants par virement automatique. Un reçu fiscal est adressé systématiquement, il permet de déduire les dons à hauteur de 66% de ses impôts.
Luc Emeriau