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Nil : vers la guerre de l'eau ?

Image removed.Quatre pays d'Afrique de l'Est (Le Rwanda, l'Ouganda, l'Ethiopie et la Tanzanie) ont signé vendredi 14 mai dernier un accord historique sur le partage des eaux du Nil, au grand dam de l'Egypte (et du Soudan) qui menace de déclencher une guerre.

Le Rwanda, l'Ouganda, l'Ethiopie et la Tanzanie ont mis en place une commission qui devra "gérer les projets d'irrigation, canaux ou barrages, sur la totalité des 6700 km du Nil". Problème : l'Egypte (tout comme le Soudan) s'oppose à la signature de cet accord et menace de prendre "les mesures légales et diplomatiques nécessaires pour défendre ses droits". En clair : l'Egypte envisage de faire la guerre pour défendre ses prérogatives. Mais les quatre pays, bientôt rejoints par le Kenya, sont passés outre les menaces de l'Egypte. Ils ont ainsi mis un terme à des négociations entamées il y a dix ans, négociations qui tendaient à mieux partager les ressources du fleuve. Car le le traité actuel de partage des eaux, élaboré en 1929 par le colonisateur britannique, puis amendé 30 ans plus tard, attribue des quotas très favorables à l'Egypte (55,5 milliards de m3) et au Soudan (18,5 mds), soit au total 87% du débit du fleuve.
Il donne en outre au Caire un droit de veto sur tous les travaux susceptibles d'affecter le débit du fleuve, qui fournit à l'Egypte 90% de ses besoins en eau. Selon l'accord signé à Entebbe, le droit de véto de l'Egypte sera transféré à la toute nouvelle commission du bassin du Nil, basée à Addis Abeba.
Le Caire et Khartoum craignent que ce nouvel accord cadre ne réduise leur approvisionnement en eau, car il prévoit la construction de projets d'irrigations et de barrages hydro-électriques en amont du fleuve. L'Egypte tire 90 % de ses ressources en eau du Nil. Un rapport égyptien alarmant fait état d'une pénurie en eau dès 2017.
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Jean-bernard Gervais