
C'est une thèse bien originale que développe le journaliste d'investigation Pierre Péan dans son dernier ouvrage,
Carnages, lequel fait le bilan sur les guerres secrètes en Afrique, avec pour centre de gravité l'Afrique des Grands lacs. Pour l'auteur, poursuivi en cour de cassation par SOS Racisme pour incitation à la haine raciale contre les Tutsis suite à la publication de son ouvrage
Noirs Fureurs, blancs menteurs, l'installation, à la fois de Museveni et de Kagamé au pouvoir a été favorisé par les Britanniques, les Américains et les Israéliens. Avec pour objectif le démantèlement du plus grand pays d'Afrique, le Soudan, et la chute du régime islamiste de Khartoum, considéré aussi bien par Tel Aviv que Washington comme la base arrière de tous les mouvements terroristes "islamistes" : Hezbollah, Abou Nidal, Hamas… Pour ce faire les Américains et les Israéliens auraient soutenu l'attentat contre Habyarimana. En 1987, un an après la prise de pouvoir de Museveni, John Garang, leader du SPLA maintenant décédé, est installé dans le sud du Soudan à Juba, par la NRA de Museveni épaulé par des officiers israéliens, qui "fournissent équipement, entrainent les pilotes, communiquent des photos satellites", révèle l'auteur. La lutte contre le pouvoir central soudanais a commencé. Comme pour épauler Museveni, les Anglo-saxons décident de soutenir la rébellion rwandaise du FPR, dès 1990. Ainsi, contrairement à la thèse officielle qui nie toute implication américaine dans le conflit rwandais, Pierre Péan affirme que les Anglais et les Américains ont soutenu l'agression du FPR contre le Rwanda d'Habyarimana dès 1990. "Lors de l'attaque de février 1993, les bérets rouges de l'opération Volcan aperçurent dans leurs jumelles des britanniques aux cotés des Inkotanyi, les rebelles du FPR". Plus audacieux l'auteur sous-entend que les Américains auraient été les organisateurs de l'attentat contre Habyarimana, soutenus par les Israéliens. Pour appuyer sa thèse, l'auteur note la présence d'un officier américain le 6 avril 1994 à Kigali et conclut : "En arrivant à Kigali, quelques heures avant l'attentat, Vuckovic (lieutenant colonel américain) savait ce qui allait advenir et il était chargé d'une mission précise. Il était venu du Cameroun pour superviser l'assistance américaine du FPR". Quant à Israel, Pierre Péan relate les confidences d'un ancien officier du DMI, les services d'espionnage rwandais, lequel affirme "que des membres du network commando de la section missiles auraient été formés par des Israéliens à Kitgum, au Nord de l'Ouganda, dans un camp de la NRA, et il nomme Rose Kabuye; elle aurait joué un rôle important dans la préparation de l'attentat aux cotés des Israéliens". Pour la Sainte Alliance contre le Soudan, l'intérêt semble évident : bénéficier d'alliés locaux africains dans leur guerre contre le géant islamiste soudanais. Sans accréditer sa thèse, on note en effet du soutien indéfectible de l'Ouganda à John Garang. Et l'on remarque actuellement que la force de maintien de la paix au Soudan est composée de troupes rwandaises, sous commandement rwandais… Si le dernier opus de Péan permet d'éclairer le versant anglo-saxon de ces guerres africaines, il pêche par un parti pris contre le FPR, et les régimes en place dans l'Afrique des grands lacs, qui l'oblige à oblitérer un fait marquant, pour ne pas dire capital dans son analyse : le génocide des Tutsi rwandais et hutus modérés, et l'implication, volontaire ou non, de Paris aux cotés des responsables de ce génocide.
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