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Présidentielle : les appels au boycott se multiplient

Le président sortant Paul Kagamé, s'il est, aujourd'hui 9 août jour de l'élection présidentielle, pratiquement certain d'être réélu, sortira-t-il pour autant victorieux d'une élection présidentielle autant contestée ? Que ce soit les ONG, la communauté européenne, ou encore l'opposition rwandaise, les protestations ou appels au boycott se sont multipliés ces derniers jours. 

Dernier en date, celui du groupe rebelle terroriste FDLR (front démocratique de libération du Rwanda), qui appelle, dans un communiqué, à rejeter le résultat des élections. "Les FDLR appellent toutes les formations politiques rwandaises, toutes les organisations de défense des droits de l'homme au Rwanda et toutes les forces vives de la Nation à se lever comme un seul homme et à rejeter cette mascarade électorale qui consacre le déni de leurs droits fondamentaux", écrit le groupe, présent dans l'est de la RDC, soupçonné par le pouvoir rwandais d'avoir fomenté les attentats à la grenade en février dernier à Kigali. Chose étonnante, les FDLR sont rejoints dans leur opposition systématique à Kagamé par un ancien thuriféraire du régime, le colonel Patrick Karegeya. Dans un entretien accordé au journal ougandais The Observer, l'ancien chef des services de renseignement rwandais, actuellement réfugié politique en Afrique du Sud, appelle les Rwandais à "faire la guerre contre Kagamé". Lui aussi est soupçonné d'être à l'origine des attentats à la grenade de février dernier. Dans un tout autre registre, Faustin Twagiramungu, ancien premier ministre rwandais et ancien candidat en 2003 à l'élection présidentielle, dénonce une farce électorale et appelle au boycott du scrutin. La communauté internationale n'est pas en reste. Sans critiquer de manière frontale l'organisation des élections, l'UE et les nations unies ont demandé au pouvoir rwandais de faire toute la lumière sur les incidents qui ont émaillé la campagne électorale. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et l'Union européenne (UE) avaient demandé "une enquête complète" sur les meurtres de MM. Rwisereka et Rugambage. L'Espagne, la France et les Etats-Unis leur avaient emboité le pas en dénonçant les graves atteintes aux droits de l'homme de ces dernières semaines au Rwanda. Plus virulentes, certaines ONG, comme Reporters sans frontières, ont appelé les bailleurs de fonds à suspendre toute coopération avec le Rwanda, tandis que d'autres, à l'instar de Amnesty international, ou encore Human Right watch, réclamaient des enquêtes indépendantes et impartiales sur les assassinats du vice-président du Green Party Rwiserereka et du journaliste Jean-Léonard Rugambage. Cinq millions d'électeurs rwandais doivent se rendre aux urnes aujourd'hui, précédés par les Rwandais de la diaspora, qui ont voté hier dimanche 8 août. Paul Kagamé doit faire face à trois challengers, Jean Damascène Ntawukuliryayo, Prosper Higiro, et Alvera Mukabaramba. S'il est élu, Paul Kagamé accomplira, selon la constitution rwandaise, son dernier mandat de sept ans.

Jacques Byizigiro