Radio France Internationale (RFI), dont le signal avait été coupé en juillet 2009 en RDC, a de nouveau été autorisée à la diffusion le 12 octobre dernier. Mais à quel prix ? L'intersyndicale SNJ FO SNRT-CGT SNJ-CGT de RFI dénonce, à mots couverts, l'interdiction faite à Ghislaine Dupont, spécialiste reconnue de la RDC, de traiter de sujets ayant trait à ce pays. "A RFI, la direction bafoue la liberté de la presse et l'indépendance éditoriale : elle interdit à une journaliste de traiter de la RDC à la demande des autorités du pays.Pourquoi une telle complaisance ? On l'ignore", déclare notamment l'intersyndicale. Il est vrai que les relations entre Ghislaine Dupont et le pouvoir en place en RDC, pour être ancienne, n'en sont pas moins orageuses. En juillet 2006, la reporter, en RDC pour couvrir les élections présidentielle et législatives du 30 juillet, avait été expulsé manu militari. Motif invoqué : l'absence d'accréditation accordée par le ministère de la presse et de l'information. La direction de RFI avait protesté en affirmant que Ghislaine Dupont bénéficiait d'une accréditation délivrée par la Monuc. Depuis 2006, Ghislaine Dupont, persona non grata en RDC, a continué de couvrir l'actualité congolaise, en s'attaquant à des sujets sensibles : les services de sécurité, les relations tumultueuses de Joseph Kabila avec certains de ses ministres issus de l'opposition… La décision de suspendre le signal FM de RFI dans de nombreuses villes de la RDC fait suite à la diffusion d'informations provenant de la Monuc, faisant état de la désertion de soldats au sein des forces armées de la RDC. Cette interruption est survenue alors même que l'audiovisuel extérieur français avait annoncé en juin 2009 l'ouverture d'un bureau RFI à Kinshasa. Suite à la reprise du signal FM de RFI, ce bureau a été ouvert et sera occupé par Bruno Minas, journaliste expatrié. Geneviève Goetzinger, directrice déléguée de RFI, a par ailleurs affirmé que la reprise du signal de RFI s'était faite "sans condition".