Paul Rusesabagina, l'ancien directeur de l'hôtel Mille Collines pendant le génocide de 1994, qui a sauvé de nombreux tutsis et fut décoré en 2005 par Georges Bush de la médaille de la liberté, est dans la ligne de mire du pouvoir rwandais. Dans un récent communiqué de l'ambassade rwandaise aux Etats-Unis, l'ambassadeur James Kimonyo affirme que "la communauté rwandaise des Etats-Unis demande à ce que Paul Rusesabagina soit traduit en justice pour le financement des FDLR, un mouvement d'opposition rwandais, considéré comme terroriste, et qui opère en République démocratique du Congo (RDC)". Mais cette même diaspora pense que Rusesabagina bénéficie encore de la protection de politiciens américains. C'est ce qu'il ressort d'un meeting organisé le week-end du 5 février, qui réunissait des Rwandais résidant à Dallas, Houston, Austin. Pour le Rwanda National congress (RNC), mouvement d'opposition rwandais en exil, fondé par Théogène Rudasingwa, Kayumba Nyamwasa, Gérald Gahima, et Patrick Karegeya, ces allégations portées contre Paul Rusesabagina ne sont rien d'autre que de la persécution, tendant à le faire taire. Le RNC dénonce la manipulation à laquelle se livre le gouvernement rwandais en instrumentalisant des organes comme la CEPGL, l'ICGLR, afin d'incarcérer des personnalités critiques vis-à-vis du régime. "Rusesabagina est l'une des victimes de cette campagne de diffamation lancée par le gouvernement rwandais, via ses missions consulaires, ses lobbys et la corruption de médias."
En octobre dernier, l'ambassadeur rwandais à Washington, Paul Kimonyo, a affirmé sur les ondes de VOA que Rusesabagina avait transféré des sommes d'argent importantes à destination des FDLR via Western Union. Paul Rusesabagina a toujours réfuté ces accusations. Il a, en revanche, condamné fermement l'incarcération de l'opposante politique de Victoire Ingabire, accusée de conspiration terroriste. Il a également critiqué les lourdes peines de prison demandées par la Haute cour de justice contre Gahima, Rudasingwa, Nyamwasa et Karegeya, quatre opposants politiques en exil, anciens thuriféraires du régime FPR.