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Sarkozy, complice par abstention du génocide rwandais ?

Image removed.Le 26 février prochain, Nicolas Sarkozy partira à la rencontre de Paul Kagamé, président de la République rwandaise, à Kigali. Ce dernier, au cours d'un des nombreux conciliabules qu'ils auront ensemble, lui demandera-t-il des comptes sur les affirmations d'un certain Martin Marschner Von Helmreich, un financier domicilié à Monaco, et qui accuse le gouvernement français d'avoir financé l'achat d'armes, en plein génocide, à destination des génocidaires ? Lui rappelera-t-il que le ministre français du budget de l'époque qui aurait permis pareille transaction, s'appelle Nicolas sarkozy ?
Rien n'est moins sûr...  En tous les cas, l'honorable Monégasque, spécialisé dans la haute finance, n'en démort pas : Paris a financé, entre janvier et août 1994, les génocidaires rwandais. Il en a témoigné devant la commission Mucyo, en 2008, chargé  "de rassembler les éléments de preuve montrant l’implication de l’État français dans la préparation et l’exécution du génocide perpétré au Rwanda en 1994".

Détournements Financier en 1994, Martin Marschner Von Helmreich avait signé une convention de courtage financier avec la caisse centrale de réassurance (CCR) française, et avait déposé sur cette caisse quelque 3 milliards d'euros. Le 29 août 1994, la CCR, qui finance un certain nombre de risques, liés notamment à la présence de l'armée française à l'étranger, annonçait à Martin Marschner Von Helmreich qu'elle venait de perdre près de 1 milliard de francs français. Ce dernier qui avec près de 80% des dépôts effectués auprès de la CCR est le principal partenaire de la caisse, demande des comptes. Mais le 14 septembre 1994, le trésor français rembourse la totalité des pertes de la CCR. Pour Martin Marschner, cela ne fait aucun doute : cet argent perdu entre janvier et août 1994 a servi au financement du génocide rwandais. Car le financier a enquêté. Il affirme que l'argent de la CCR a servi à approvisionner un compte de la BNP. Compte sur lequel la Banque nationale du Rwanda, alors principal financeur des génocidaires rwandais, retirait de l'argent pour acheter des armes. Selon la commission d'enquête citoyenne (CEC), la banque nationale du Rwanda a prélevé 30 488 140,35 francs français à la BNP en sept prélèvements, entre le 14 et le 23 juin 1994, soit en plein génocide. La CEC pose aussi la question de la double livraison d'armes aux Forces armées rwandaises (Far), à la mi-juin 1994, en provenance des Seychelles, et dont le paiement fut honoré par la BNP. Dès qu'il eut la certitude que l'argent détourné par la CCR a servi à l'achat d'armes et à l'accomplissement du génocide, et qu'il eut identifié le numéro de compte de la BNP à l'origine des transactions, Martin Marschner a intenté un procès à l'Etat français. En 2008, lorsqu'il fut auditionné par la commission Mucyo, l'homme d'affaires d'origine allemande a enjoint le gouvernement rwandais à s'associer à sa plainte. Kagamé osera-t-il réouvrir ce dossier sensible devant Sarkozy ?
Jean-Bernard Gervais
Jean-bernard Gervais