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Selon André Guichaoua, le TPIR confirme l'absence de préméditation de génocide

Commentant le jugement "militaire II" contre les généraux Augustin Bizimingu et Augustin Ndindiliyimana, l'universitaire français André Guichaoua a constaté que le TPIR a "dérogé aux conclusions habituelles". Le TPIR a condamné mardi pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, les anciens chefs d'état-major de l'armée et de la gendarmerie, les généraux Augustin Bizimungu et Augustin Ndindiliyimana.

Comme Bagosora en décembre 2008, les deux hommes, ainsi que leurs deux co-accusés, ont été néanmoins lavés du chef d'entente en vue de commettre le génocide, constate l'agence Hirondelle. « On remarquera en premier lieu la volonté affirmée d'ajuster les peines  aux individus jugés, malgré le cadre du procès collectif", a affirmé André Guichaoua. « En second  lieu, et c'est en fait l'élément à mes yeux le plus important, on  soulignera le refus d'appliquer la sentence la plus importante, y  compris au général Bizimungu, le plus lourdement chargé par le  parquet », note-t-il.

« comme si les juges avaient voulu dissocier les accusés  militaires des accusés civils ; accordant ainsi, volontairement ou non,  une prééminence aux décideurs du gouvernement intérimaire auxquels ils  obéissaient ». « Dans cette optique, poursuit-il, l'élargissement du général  Ndindiliyimana au terme de sa longue incarcération "préventive"  établit assurément une hiérarchie claire dans la chaîne de  commandement et les responsabilités ».

« Enfin, il s'agit là d'une  confirmation du jugement Bagosora : le chef d'entente n'a pas été  retenu et met une nouvelle fois à mal l'argumentaire du bureau du  procureur tout comme la vulgate globalisante du camp vainqueur envers  les "vaincus" sur la "planification" du génocide depuis de longues  années », affirme le sociologue
jacques gasibirege