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Macron, le dernier allié de Kagamé

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Kagame et Macron

Qui l’eût cru ? Vingt ans après la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda, le président français Emmanuel Macron apparait comme le plus sûr partenaire diplomatique du président rwandais Paul Kagamé. En effet, à l’issue du sommet Africa Forward (11-12 mai 2026, Nairobi, Kenya), dont l’organisation a été jugée catastrophique, le président français s’est opposé à prendre des sanctions contre le Rwanda, pour son intervention dans la guerre civile qui embrase l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Interrogé par France 24, Emmanuel Macron a notamment déclaré : « Si aujourd’hui tout le monde se précipite parce que les Américains l’ont fait, à mettre le Rwanda au ban, il y a peu de chances que l’on convainque le Rwanda d’avoir une politique coopérative. Moi je crois plus dans la vertu du dialogue avec les deux dirigeants principaux mais c’est un dialogue qui doit aussi engager l’Ouganda, le Burundi et les pays de la région, et qui doit clarifier la réalité des forces en présence, la réalité des prédations économiques aussi sur l’est de la RDC. » Voila qui doit mettre du baume au cœur du président rwandais, empêché récemment de se rendre à Washington pour un événement organisé par l’université Harvard fin avril. Selon les informations d’Africa intelligence, Paul Kagamé avait sollicité un visa diplomatique de type A-1 qui lui a été refusé. « À la suite de ce refus de l'administration américaine, l'exécutif rwandais a informé les États-Unis qu'il n'enverrait pas sa délégation à la réunion du comité mixte de supervision, prévu le 22 avril dans la capitale fédérale américaine. Chargée du suivi de l'accord de Washington, cette instance est coprésidée par le Rwandais par Jean-Paul Nyirubutama, conseiller principal adjoint à la défense et à la sécurité de Paul Kagame, et le Congolais par Patrick Luabeya, envoyé spécial du président Tshisekedi », informe Africa Intelligence qui ajoute que cette conférence s’est tenue par visioconférence. 

Washington avait déjà sanctionné quatre généraux rwandais en mars dernier, ainsi que l’ancien président Joseph Kabila début mai.  L’Union européenne avait également pris des sanctions contre trois généraux rwandais ainsi que Francis Kamanzi, directeur général de l’office rwandais des mines en mars 2025. Le président rwandais, en froid également avec la Grande-Bretagne, trouve donc en France un soutien de taille en Emmanuel Macron. A tel point que le président rwandais fut le seul Africain à prendre la parole lors du sommet sur le nucléaire civil à Paris le 10 mars 2026, en espérant mettre en œuvre dans ce domaine une coopération entre la France et le Rwanda. 

jean-bernard gervais