Quand l’AFC M23 détruit le centre de commandements de drones meurtriers, l’Union africaine les condamne
Par un communiqué du 3 février dernier, l’alliance fleuve congo /Mouvement du 23 mars informe qu’il a procédé entre le samedi 31 janvier et le 1er février 2026 à la destruction du centre de commandement de drones situé sur l’aéroport de Kisangani. « Ce centre servait à coordonner des attaques contre les positions du M23 mais aussi contre les populations civiles, aussi bien dans les zones libérées du Masisi, Walikale, Rutshuru, Lubero, Kalehe, Mwenga et Minembwe », a précisé l’AFC/M23. La destruction du centre de commandement a été précédé de nombreuses dénonciations de bombardements contre des populations qui n’ont suscité qu’indifférence, ajoutent les rebelles. « Nous avertissons le pouvoir de Kinshasa que nous neutraliserons à l’avenir toute menace. » le gouvernement local de la province de la Tshopo affirme que les drones ont été neutralisés avant d’atteindre leur cible. Ils ajoutent que l’aéroport de Kisangani n’a pas été endommagé.
Mahmoud Ali Youssouf pas content
En tous les cas, cette attaque a suscité l’irritation de l’Union africaine. « Le Président de la Commission de l’Union africaine, S.E. Mahmoud Ali Youssouf, exprime sa plus vive préoccupation et condamne avec la plus grande fermeté l’attaque par drones menée contre l’aéroport de Kisangani, dans l’est de la République démocratique du Congo, et revendiquée par le mouvement armé AFC/M23.
Le Président de la Commission souligne que cette attaque, dirigée contre une infrastructure aéroportuaire située dans un centre urbain majeur et exposant gravement les populations civiles, constitue une violation grave du droit international humanitaire, notamment des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. Il rappelle qu’en l’absence de preuves établissant de manière objective le caractère strictement militaire de la cible, une telle infrastructure conserve sa présomption de bien civil et bénéficie, à ce titre, d’une protection pleine et entière en vertu du droit international », a notamment déclaré l’Union africaine.
Le même jour, l’AFC/M23 répondait à l’Union africaine, « en exprimant sa vive préoccupation face à la déclaration diffamatoire de la commission de l’Union africaine, laquelle condamne la neutralisation de drones assassins tout en passant sous silence les bombardements répétés visant à la fois les populations civiles et les positions militaires de l’AFC/M23, perpétrés par le régime de Kinshasa à l’aide de ces mêmes engins. » Depuis le 22 janvier, rappelle l’AFC/M23, les populations civiles de Minembwe et des hauts-plateaux sont confrontés à une intensification significative des opérations militaires menées par les forces gouvernementales, au moyen de huit à douze drones d’attaque pilotées par des mercenaires étrangers ».