Bill Gates réclame plus de transparence dans les contrats pétroliers ougandais
Lors du dernier sommet du G20 la semaine dernière, le milliardaire américain Bill Gates, fondateur de Microsoft, actuellement président de sa fondation, a appelé le gouvernement ougandais à appliquer la plus stricte transparence en matière de revenus pétroliers.
En effet, l'Ouganda a découvert une réserve de quelque 2,5 milliards de barils de pétrole, qui devrait le classer parmi les 50 plus grands producteurs de pétrole au monde. Les revenus pétroliers devraient générer quelque 2 milliards de taxes annuelles pour l'Etat, soit 67% du budget de l'Etat annuel. Mais il est fort probable qu'en l'absence de transparence, la majeure partie de ces revenus soit détournée par la corruption.
"Les revenus du pétrole devraient avoir un impact important sur le niveau de vie de millions d'Ougandais", a affirmé Bill Gates lors de son allocution. "Néanmoins, nous n'avons aucune visibilité sur les accords signés, et par conséquent les citoyens ougandais n'ont aucun moyen de protéger leurs intérêts".
Seulement cinq pays africains répondent aux normes de Extractive Industries Transparency initiative (EITI), qui tend à rendre transparents les contrats signés dans les domaines de l'industrie minière et pétrolière.
Au Ghana par exemple, EITI a permis à la société civile d'augmenter les royalties que les compagnies minières payaient au gouvernement. Elles étaient de 3%; elles sont passées à 6%.
La prise de position de Bill Gates a fait les gros titres de la presse ougandaise, et a été accueillie avec bienveillance par la société civile.
La ministre de l'énergie Irene Muloni a dit que des lois appropriés seraient mises en vigueur, sans apporter plus de détails.
De nombreuses affaires de corruption ayant trait à l'exploitation du pétrole ont été révélées par les cables diplomatique de Wikileaks. La société Tullow oil, qui a découvert les réserves de pétrole, accuse le président Yoweri Museveni d'être lui-même corrompu.
Le mois dernier, le parlement ougandais a décidé de suspendre l'ensemble des nouveaux contrats dans le secteur pétrolier.
Le leader de l'opposition, Kizza Besigye, a pour sa part declaré récemment que la corruption liée aux revenus pétroliers n'était que le sommet de l'iceberg en Ouganda, où la corruption est devenue systémique.
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