Rwanda, Burundi : répression et intimidations contre les journalistes
Contre les journalistes, les pouvoirs au Rwanda et au Burundi sont sur la même longueur d’ondes : répression et intimidations se multiplient dans les Grands lacs.
Le 2 février, rapporte Reporters sans frontières (RSF), la Cour suprême du Burundi demandait aux pays hôte de journalistes burundais exilés de les arrêter et de les livrer à la justice burundaise. Sept personnalités étaient désignés : " les directeurs de quatre radios privées d’information : Innocent Muhozi de Radio-Télé Renaissance, Bob Rugurika, de la Radio publique africaine (RPA), Anne Niyuhire de Radio Isanganiro et Patrick Nduwimana de Bonesha FM. A cette liste s’ajoutent les reporters d’Isanganiro, Patrick Mitabaro et Arcade Havyarimana, et celui de la RPA, Gilbert Niyonkuru, également recherchés", rapporte RSF.
Pourquoi ces journalistes ont-ils déclenché l’ire de Nkurunziza ? "certaines des radios dont les collaborateurs sont poursuivis avaient diffusé le message des putschistes le jour de la tentative de coup d’Etat, le 13 mai 2015, considérant qu’il s’agissait d’une information d’intérêt public. D’autres avaient, eux, tenté de joindre les militaires putschistes pour obtenir des commentaires, ce qui relève entièrement de leur mission professionnelle", explique RSF.
Au Rwanda voisin, les intimidations contre les journalistes ne faiblissent pas. Le 3 février, les locaux du journal East african ont été perquisitionnés. Un journaliste de ce quotidien kenyan a été brièvement arrêté et deux ordinateurs saisis, rapporte RFI. Aucune raison n’a été donnée par la police rwandaise pour justifier cette descente de police. Le journaliste arrêté, Ivan Mugisha, avait publié récemment une enquête sur une société rwandaise d’extraction de matériaux de construction, suspectée d’évasion fiscale.
Le 15 décembre 2015, le périodique Mont Jali news a été saisi à la frontière ougandaise. Imprimé à Kampala, Mont Jali news a été créé en novembre 2013 par Saidati Mukakibibi. Cette journaliste avait déjà été arrêté en 2010, pour atteinte à la sûreté de l’État et condamnée à trois ans de prison. Elle a été libérée en juin 2013.
Jean-bernard Gervais